UDNIE (Jeune fille américaine)
1913
UDNIE (Jeune fille américaine)
1913
Francis Picabia was inspired to paint Udnie by the performance of a Polish dancer on the ocean liner taking him to the United States.
Borrowing its dynamism from Futurism, this monumental work was intended as a painting of moods, orchestrating abstract forms in a centrifugal movement. The metallic reflections contrasting with the blue, green and ochre "shavings" shapes evoke the world of machines. The title couId be an anagram of the name of musicologist Jean d'Udine, a theorist of sensory correspondences, of which this masterpiece is a major manifestation. Udnie created a sensation at the Salon d'Automne in 1913.
| Domain | Peinture |
|---|---|
| Techniques | Huile sur toile |
| Dimensions | 290 x 300 cm |
| Acquisition | Achat de l'Etat, 1948 |
| Inventory no. | AM 2874 P |
Detailed description
| Artist |
Francis Picabia (Francis Martinez de Picabia, dit)
(1879, France - 1953, France) |
|---|---|
| Main title | UDNIE (Jeune fille américaine) |
| Title given | Jeune fille américaine ; Danse |
| Creation date | 1913 |
| Domain | Peinture |
| Techniques | Huile sur toile |
| Dimensions | 290 x 300 cm |
| Inscriptions | S.D.B.G. : Picabia 1913 |
| Acquisition | Achat de l'Etat, 1948 |
| Collection area | Arts Plastiques - Moderne |
| Inventory no. | AM 2874 P |
Analysis
Monument de la première peinture abstraite, Udnie (cat. rais. no257) opère une synthèse des courants les plus novateurs de la peinture du début des années 1910. L’œuvre est inspirée à Francis Picabia en 1913, lors du voyage qui le conduit aux États-Unis pour assister au vernissage de l’exposition de l’Armory Show. Sur le bateau qui l’amène à New York, il assiste au spectacle de danse « hindoue » (et néanmoins furieusement dionysiaque) d’une actrice polonaise, Stasia Napierkowska. Un an plus tôt, à Paris cette fois, Picabia, comme Marcel Duchamp, avait été impressionné par l’exposition des peintres futuristes italiens. Il y avait vu, entre autres, les œuvres d’Umberto Boccioni et de Gino Severini (voir La Danse du pan-pan au Monico, 1909-1911, AM 4411 P) dans lesquelles le dynamisme d’un mouvement, d’une danse, éclatait en formes colorées autonomes. Si Udnie emprunte son dynamisme à la peinture futuriste, elle doit son « mécanisme » à l’exemple des œuvres de Duchamp. En 1912, ce dernier avait offert à Picabia sa Mariée, un hybride de guêpe et de machine à coudre. Les reflets métalliques, les formes d’ Udnie appartenaient déjà au monde mécanique qui allait bientôt inspirer directement Picabia.
En déclarant en 1913, à New York, que « l’art est une tentative réussie d’extérioriser la pensée ou le sentiment intérieur en projetant sur la toile des états subjectifs, émotionnels, mentaux », Francis Picabia rattache enfin Udnie à ce « musicalisme » prôné par les artistes groupés à Puteaux autour des frères Duchamp, à cet « orphisme » que célèbre Guillaume Apollinaire, en 1913, dans son ouvrage consacré aux peintres cubistes.
Didier Ottinger
Source :
Extrait du catalogue Collection art moderne - La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007
