La Danse de l'ours au Moulin Rouge
1913
La Danse de l'ours au Moulin Rouge
1913
As of 1912, Severini deepened his search for a style of painting that was "equivalent to music", suggestive not only of shapes but also of sounds, smells and speed.
Dance was always his preferred subject, capable of inspiring these "plastic, polyphonic and polyrhythmic ensembles". The composition of La Danse de l'ours au Moulin-Rouge [The bear dance at the Moulin-Rouge] is thus freed from any figurative attachment. Severini advocated the use of pure, garishly bright colours, "dynamic arabesques", "clashes of pointed angles", "zigzags" and "oblique lines that strike the soul of the observer like lightning from the sky".
| Domain | Peinture |
|---|---|
| Techniques | Huile sur toile |
| Dimensions | 100 x 73,5 cm |
| Acquisition | Achat de l'Etat, 1950 |
| Inventory no. | AM 2992 P |
Detailed description
| Artist |
Gino Severini
(1883, Italie - 1966, France) |
|---|---|
| Main title | La Danse de l'ours au Moulin Rouge |
| Creation date | 1913 |
| Domain | Peinture |
| Techniques | Huile sur toile |
| Dimensions | 100 x 73,5 cm |
| Inscriptions | S.D.B.DR. : G. Severini 1913 |
| Acquisition | Achat de l'Etat, 1950 |
| Collection area | Arts Plastiques - Moderne |
| Inventory no. | AM 2992 P |
Analysis
En 1912, Gino Severini accomplit un pas supplémentaire dans sa recherche d’une peinture « polyphonique », une « peinture totale », suggestive non seulement de formes mais également de sons, d’odeurs, de chaleur, de rapidité… Le vocabulaire formel et chromatique auquel il recourt dès lors s’émancipe de tout lien mimétique avec le monde sensible. À la façon d’un Kandinsky, il recherche les équivalents plastiques des émotions que lui inspirent ses sujets. Il annonce cette peinture « équivalente de la musique », cet art « orphique », dont Apollinaire proclame l’avènement dans son étude consacrée aux peintres cubistes, en 1913. Dans la préface qu’il rédige à l’occasion de l’exposition de ses œuvres à la galerie Marlborough de Londres, en avril 1912, il explicite son nouveau programme. Il y fait l’apologie de l’emploi de couleurs pures, criardes, prône l’usage d’« arabesques dynamiques », du « choc des angles aigus », des « lignes obliques qui tombent sur l’âme de l’observateur comme autant de foudre tombant du ciel », du « cône renversé (forme de l’explosion) », de la « ligne en zigzag ». Soit l’inventaire à peu près exhaustif des moyens plastiques qu’il a mis en œuvre dans sa Danse de l’ours au Moulin-Rouge (cat. rais. n o 123).
La danse reste, pour Gino Severini, le sujet capable par excellence d’inspirer ces « ensembles plastiques, polyphoniques et polyrythmiques ». Les danseuses des cabarets parisiens, du Moulin-Rouge, du Tabarin, du Monico, de Pigalle, lui inspirent les « hiéroglyphes dynamiques » de sa « peinture totale ».
Didier Ottinger
Source :
Extrait du catalogue Collection art moderne - La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne , sous la direction de Brigitte Leal, Paris, Centre Pompidou, 2007
