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Entre « Cezanne et nous », une histoire d'amour

Pour la première fois, l'exposition « Cezanne et nous » met en regard chefs-d'œuvre du père fondateur de la modernité picturale et toiles de Paul Gauguin, Henri Matisse, Pablo Picasso, Piet Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley ou encore Peter Doig. Au Grand Palais, près de cent quatre-vingts œuvres retracent ainsi la manière dont le travail de Paul Cezanne a été découvert, interprété et transformé par les artistes, de la fin du 19e siècle jusqu'à aujourd’hui. Une histoire complexe et plurielle, faite d’appropriations, de filiations et de tensions esthétiques. Une autre manière de regarder l'œuvre d'un peintre majeur. Présentation.

± 2 min

L’exposition, inédite, offre un dialogue riche entre l’œuvre de Paul Cezanne (1839-1906), l’un des piliers de l’art moderne occidental, et celles des artistes qui, de la fin du 19e siècle à nos jours, ont constamment trouvé dans son œuvre la liberté de réinventer la peinture. Environ cent quatre-vingts œuvres y sont présentées, dont soixante-dix de Cezanne.

 

« Cezanne et nous » est la première exposition à raconter une double histoire, des années 1880 à nos jours : celle de son influence fondamentale et celle, à contre-courant, des artistes qui se sont revendiqués de lui et en ont fait « notre père à tous », selon Picasso. « Cezanne et nous », c’est donc le « nous » des artistes ; et nous, qui regardons, de notre regard contemporain, Cezanne à travers eux.

 

« Cezanne et nous », c’est donc le « nous » des artistes ; et nous, qui regardons, de notre regard contemporain, Cezanne à travers eux.

 

L’exposition dessine l’histoire d’une postérité sans comparaison, qui se joue à la fois dans un jeu d’influence et de revendication d’un maître commun, en commençant par ses premiers adeptes : dans les années 1880-1890, à une époque où Cezanne, lassé des échecs, ne cherche plus à exposer, quelques peintres découvrent avec stupéfaction son œuvre dans la boutique du père Tanguy. Sa radicalité formelle les conforte dans leurs recherches d’un art « pur », déjà engagé sur la voie de l’abstraction.

Elle aborde ensuite les moments clés de la reconnaissance de l’artiste, en commençant par souligner l’importance du marchand Ambroise Vollard, de son immense collection comme des premières expositions qu’il consacre à l’artiste entre 1895 et 1906. Les premières acquisitions muséales, l’exposition posthume du Salon d’automne 1907 et les grandes expositions internationales des années 1910 sont également évoquées.

 

L’artiste est devenu l’un des pères incontestés de l’art moderne occidental et continue d’être regardé dans l’après-guerre par les acteurs d’un renouveau de l’abstraction en Europe et aux États-Unis, autant par les tenants de l’abstraction lyrique ou optique que par ceux de la peinture « hard edge ».

 

L’exposition montre la pluralité des réceptions de l’œuvre de Cezanne au sein des avant-gardes européennes et internationales des années 1910, qui ont toutes mis en question le rapport de l’œuvre à la réalité et réfléchi avec Cezanne au fait que « l’art est une harmonie parallèle à la nature ». Cette réception foisonnante, qui se joue dès l’origine, est le fil rouge de l’exposition. Elle montre comment, à partir de Cezanne, le triomphe de l’art moderne et celui du formalisme qui lui est associé — la réduction de la peinture à ses éléments fondamentaux de composition — ne cessent d’être travaillés ou dépassés.

 

L’artiste est devenu l’un des pères incontestés de l’art moderne occidental et continue d’être regardé dans l’après-guerre par les acteurs d’un renouveau de l’abstraction en Europe et aux États-Unis, autant par les tenants de l’abstraction lyrique ou optique que par ceux de la peinture « hard edge ». C’est cette histoire toute en nuance, où chacun défend son Cezanne autant que la voie qu’il explore, qui sera présentée. Elle interroge ce qu’il advient de lui à l’heure du postmodernisme, qui questionne sa position mythique. ◼

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