Proyección
Bruits, vol.4
Rainier Lericolais et Pauline Nadrigny
11 mar 2026
11 mar 2026

Cette quatrième séance d’écoute du cycle « Bruits » est consacrée aux œuvres sonores de la collection Nouveaux médias du Centre Pompidou. L’artiste Rainier Lericolais et Pauline Nadrigny, maîtresse de conférences HDR en philosophie (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), ont sélectionné une série de morceaux issus de la collection, afin de définir, sous la forme d’une conversation, leur propre rapport aux bruits sonores et visuels dans leurs parcours respectifs.
La diffusion d’œuvres composées par William S. Burroughs, John Cage, Coil, Luc Ferrari, Brandon LaBelle, Chris Marker, Éliane Radigue, Robin Rimbaud et Stephen Vitiello, parmi d’autres musiciens et musiciennes, permet d’interroger la place du bruit dans des cultures et des pratiques musicales différentes. Ces explorations sonores, complétées par des tra-vaux d’artistes hors collection, interrogent la façon dont les sons abrasifs peuvent produire une expérience immersive, révélant un contraste entre confort et inconfort auditif. Cette distinction varie selon les recherches artistiques et notre rapport à l’écoute, et est explorée tout au long du dialogue entre Rainier Lericolais et Pauline Nadrigny, dont les différents parcours apportent des lectures complémentaires à cet ensemble.
Séance modérée par Nicolas Ballet, attaché de conservation au service Nouveaux médias du Musée national d’art moderne – Centre Pompidou
Rainier Lericolais
Plasticien et musicien, Rainier Lericolais (né en 1970 à Châteauroux) vit et travaille à Paris. Protéiforme, son travail explore principalement les liens entre arts plastiques et musique mais s'exprime dans des œuvres avant tout graphiques, élégantes et précaires. Lericolais emprunte à la musique la technique du « sampling », mixant et re-combinant les formes et les images à l'infini, au gré de ses influences et de ses rencontres. Il puise par ailleurs son inspiration dans une (contre-)culture musicale encyclopédique et dans une approche de la littérature, de l'art et du cinéma à la fois curieuse et éclectique.
Lericolais sert un projet rigoureux où se croisent des expérimentations de médiums très divers. On découvre ainsi des dessins réalisés au pistolet à colle, des images de magazines « dépeintes » (imprimées puis « retouchées » avec de l'eau ou du trichloréthylène), des oscillogrammes découpés au cutter dans du carton, des photographies prises d'un écran de télévision au moment où celui-ci s'éteint ou encore des images réalisées à partir du reflet piégé de la lumière d'un scanner. Dans cette démarche d'expérimentation lucide et construite, le hasard n'est bien sûr pas étranger. En témoignent les dessins et gravures réalisés par « contact » (frottages, grattages) ou les recherches « improbables » qui permettent à Rainier Lericolais de tester la matière, notamment avec un bronze réalisé à partir de paraffine solidifiée dans le mouvement de l'eau avant d'être moulée. Enfin, ce que l'artiste nomme lui-même les « petites solutions » sont des procédés qu'il invente ou éprouve avec ingéniosité, et qui assurent à l'ensemble de son œuvre une indéniable cohérence. La discographie de Rainier Lericolais compte plus de cent références. Il a collaboré avec des artistes aussi divers que Simon Fisher Turner, Stephan Eicher ou Sylvain Chauveau.
Pauline Nadrigny
Pauline Nadrigny est maîtresse de conférences HDR en philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’UMR 8106. Après une thèse consacrée au concept d’objet sonore, axée sur la pensée de Pierre Schaeffer, ses recherches portent sur les musiques contemporaines et expérimentales, abordées sous divers aspects : statut des écrits d’artistes, relation entre pensée musicale et philosophie, mutations de l’écoute et de ses pratiques, paysage sonore et écologie acoustique…
Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages : Musique et philosophie au XXe siècle. Entendre et faire entendre (2015), The Most Beautiful Ugly Sound in the World.À l'écoute de la noise (avec Catherine Guesde, 2018), Le voile de Pythagore (2021), L'écho du réel (2021), Du documental au documédial, un réalisme pour le XXIe siècle ? (codirigé avec Jocelyn Benoist et Henri Peiffer, 2024) et Sonder le monde. Arts sonores, réalisme, environnement (2025). Elle est membre de l'IRP Realism as a Philosophical Response to the Challenges of our Time. Elle a reçu en 2024 la médaille de bronze du CNRS.
Pauline Nadrigny est également musicienne et compose en duo sur de nombreux films muets, en solo, sous le nom de Lodz, des chansons traversées de perturbations électroniques, mêlant texte, pianos désaccordés, citations musicales et « field recording ».
Entrada libre hasta completar aforo
Dónde
Institut national d'histoire de l'art (INHA), Paris
2 rue Vivienne
75002 Paris

Quando
11 mar 2026
18:00 - 20:00Socios

Ver también
Rainier Lericolais, Sconnogramme, 2010
© Courtesy de l’artiste / ADAGP, Paris, 2026
