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L'art des lieux ► Impasse Ronsin, chez Brancusi, Saint Phalle, Tinguely... et les autres

(Épisode 1/5) À deux pas de Montparnasse, une impasse parisienne aujourd’hui disparue a abrité, pendant près d’un siècle, un extraordinaire laboratoire de création. Constantin Brancusi, Jean Tinguely, Max Ernst, Niki de Saint Phalle et bien d’autres y ont travaillé, vécu, aimé et refait le monde, dans un dédale d’ateliers à l’écart de la ville. Pour le premier épisode de notre série « L’art des lieux », plongée dans l’histoire de l’impasse Ronsin, singulier point de convergence de plusieurs générations et mouvements qui ont bouleversé l’art du 20e siècle.

± 10 min

Quiconque a longé les numéros 150 et 152 de la rue de Vaugirard n’en a sans doute pas gardé un souvenir impérissable. L’endroit est d’une grande banalité. Coincée entre un café et une vitrine flanquée d’un panneau « parkings à louer » se trouve une grille des plus anodines. Derrière elle, on distingue une voie bordée d’immeubles sans grâce, érigés dans les années 1970-1980. Nous sommes quartier Montparnasse, dans le 15e arrondissement de Paris, derrière l’hôpital Necker.

 

Constantin Brancusi régnait à tel point sur les lieux que son ami Marcel Duchamp l’avait surnommé « la reine-mère de l’impasse Ronsin ». Max Ernst, Yves Klein, Jean Tinguely, Eva Aeppli, Niki de Saint Phalle, Daniel Spoerri y ont également eu leur atelier.

 

Pourtant, c’est là, impasse Ronsin, que durant plus d’un siècle, entre les années 1860 et 1971, se sont succédés dans une trentaine d’ateliers certains des personnages les plus illustres de l’histoire de l’art. Constantin Brancusi, l’un des plus grands sculpteurs de la première moitié du 20e siècle, y a occupé pendant quarante-et-un ans un atelier-logement. Il y vécut jusqu’à sa mort, en 1957. L’artiste régnait à tel point sur les lieux que son ami Marcel Duchamp l’avait surnommé « la reine-mère de l’impasse Ronsin ». Max Ernst, Yves Klein, Jean Tinguely, Eva Aeppli, Niki de Saint Phalle, Daniel Spoerri y ont également eu leur atelier. Entre 1954 et 1971, André Almo del Debbio y donnaient des cours de sculpture sur pierre. Quant au sculpteur américain James Metcalf, il y initiera Claude Lalanne à l’une des techniques les plus usitées de son travail : la galvanoplastie (ou reproduction par électrolyse).

 

 

Enfin, tout au long de ce siècle de vie de l’impasse, des figures telles que Man Ray, Peggy Guggenheim, Marta Pan, Pontus Hulten, Yves Saint Laurent, Pierre Bergé et beaucoup d’autres, ont foulé le sol de ce qui fut jadis l’un de ces nids artistiques les plus prolifiques du Paris mythique.

Lieu de création, lieu d’inspiration et de vie, l’impasse Ronsin, était jadis une ruelle de 125 mètres reliant les rues de Vaugirard et de Sèvres. Puis, ce qu’on appelait alors l’impasse du Luxembourg est débaptisée en 1877, en hommage à Jean-Baptiste Ronsin, simple charpentier devenu propriétaire de toute la parcelle quelques décennies plus tôt. Elle est alors composée d’une enfilade de baraques en bois plantées sur une allée boueuse. Dans ces mêmes années 1870-1880, le sculpteur Alfred Boucher — premier professeur de Camille Claudel — y acquiert plusieurs terrains à bon marché et y fait construire une vingtaine d’ateliers : certains pour son propre usage, d’autres sont loués à des prix dérisoires à des artistes et artisans dans le besoin.

 

Parmi eux se trouvent également des prix de Rome et des professeurs de l’école des Beaux-arts ou de l’académie Julian. La demande est telle que son ambition artistico-philanthropique se trouve rapidement limitée par l’étroitesse de l’Impasse. C’est pourquoi l’artiste renouvelle l’expérience passage de Dantzig, sur un terrain plus vaste du 15e arrondissement. Sous son impulsion, « La Ruche » voit le jour en 1902 : cette nouvelle colonie d’artistes, toujours en activité à l’heure actuelle, réunit alors près de 140 ateliers et accueille des artistes tels que Marc Chagall ou Amedeo Modigliani.

 

L’impasse Ronsin coule des jours paisibles. Mais en 1908, un double-assassinat perpétré au 6 bis, dans la cossue Villa Steinheil, vient définitivement rompre son anonymat urbanistique.

 

L’impasse Ronsin coule des jours paisibles. Mais en 1908, un double-assassinat perpétré au 6 bis, dans la cossue Villa Steinheil, vient définitivement rompre son anonymat urbanistique. Ce sordide fait-divers n’aurait pas frappé les consciences ni traversé le siècle s’il n’impliquait pas Marguerite Steinheil, demi-mondaine très en vue, entrée dans l’histoire en 1899 pour avoir été la maîtresse de Félix Faure. Selon les rumeurs, ce serait auprès de Marguerite, et en plein émoi libertin, que le président aurait été foudroyé par une attaque.

 

Malgré cette sulfureuse affaire, dès les années 1910, les artistes en quête d'ateliers affluent pour s’installer dans l’un des espaces des numéros 6, 8, 11 ou 12. Au numéro 11, par exemple, résident des sculpteurs tels que Paul-Gabriel Capellaro, André de Manneville ou Georges Armand Verez. Au 8, on trouve en outre le célèbre sculpteur Pierre-Luc Feitu. La même année, Constantin Brancusi, exilé de Roumanie et alors âgé d’une trentaine d’années, franchit lui aussi le seuil du numéro 8.

Brancusi, le maître des lieux

Avec sa longue barbe et ses yeux perçants, le sculpteur est déjà célèbre aux Etats-Unis : il vient de recevoir les honneurs de l’Armory Show en 1913 grâce à cinq œuvres aux formes sensuelles et épurées dont La Muse endormie et Mademoiselle Pogany. En France, sa cote monte en flèche à partir de 1920 alors que sa sculpture Princesse X fait scandale. Exclue du Salon des Indépendants, cette silhouette féminine phallique est comprise comme un outrage aux bonnes mœurs. Jusque dans les journaux américains, on s’intéresse à Constantin Brancusi et à son lieu de création, alors que les visites amicales continuent d’affluer : Erik Satie, Sonia Delaunay, Francis Picabia ou encore Anaïs Nin viennent savourer une coupe de champagne dans l’atmosphère par ailleurs monacale de son atelier.

 

Pour la mécène Peggy Guggenheim, « L’atelier de Brancusi était situé dans un cul-de-sac. […] On eût dit un cimetière, bien que les œuvres fussent trop importantes pour être placées sur des tombes ». Quant à Man Ray, il lui trouve des airs de temple : « Quand pour la première fois je vis le sculpteur Brancusi dans son atelier, je fus plus impressionné que par n’importe quelle cathédrale. J’étais sidéré par la blancheur et la clarté de la pièce. Entrer dans l’atelier de Brancusi, c’était pénétrer dans un autre monde. »

 

Quand pour la première fois je vis le sculpteur Brancusi dans son atelier, je fus plus impressionné que par n’importe quelle cathédrale. J’étais sidéré par la blancheur et la clarté de la pièce. Entrer dans l’atelier de Brancusi, c’était pénétrer dans un autre monde.

Man Ray

 

Margaret Anderson, éditrice de The Little Review, une revue d’art d’avant-garde, dépeint un univers immaculé : « Ses cheveux et sa barbe sont blancs. Sa longue blouse d’ouvrier est blanche. Ses bancs de pierre et sa grande table ronde sont blancs. La poussière de sculpteur qui recouvre tout est blanche. Son oiseau de marbre blanc est posé contre les fenêtres. Un grand magnolia blanc est toujours visible sur la table blanche. A une époque, il avait un chien blanc, un coq blanc. » Si la chienne — une Samoyède nommée Polaire présente sur les photographies de Man Ray — est le compagnon fidèle de l’artiste, le Coq n’est autre que l’une de ses célèbres sculptures.

 

 

Fraîchement débarqué de New York à 22 ans grâce à la bourse Guggenheim, le sculpteur Isamu Noguchi, alors jeune assistant du maître est subjugué par les volumes épurés de l’atelier situé au 8 : « Le studio était vaste, doté d'une grande hauteur sous plafond ainsi que d'une large verrière et de fenêtres ; il dormait dans une petite pièce attenante. Contre le mur se trouvaient plusieurs versions en bois de sa Colonne sans fin, aux côtés d'une grande vis de pressoir en bois et de quelques sections de la Colonne du Baiser […] Je me souviens de la présence de plusieurs sculptures que nous connaissons tous : Le Coq et la Coupe en bois, un œuf en marbre veiné, ainsi que des socles et des sièges de sa propre conception. Il y avait aussi L'Oiseau dans l'espace en bronze, sur lequel il travaillait, et la magnifique table de travail qu'il avait imaginée pour cette pièce. »

 

Après 1945, Brancusi accueille des visiteurs au sein de son atelier qui est une œuvre en soi. Il fait vivre son atelier. Il ne ressent pas le besoin de créer de nouvelles sculptures. Il se dit le gardien de son propre musée. 

Ariane Coulondre, commissaire de l'exposition « Brancusi »

 

En 1927, et alors que Constantin Brancusi rejoint les ateliers du numéro 11, sa notoriété explose. L’artiste vient d’intenter un mémorable procès (qu’il gagnera l’année suivante) contre les douanes américaines qui ont relégué son Oiseau dans l’espace au rang de simple objet industriel plutôt que de lui reconnaître son statut d’œuvre d’art abstraite. Puis peu à peu, le sculpteur crée moins, comme l’explique Ariane Coulondre, conservatrice au Centre Pompidou et commissaire de la récente exposition consacrée à l’artiste : « Après 1945, Brancusi accueille des visiteurs au sein de son atelier qui est une œuvre en soi. Il fait vivre son atelier. Il ne ressent pas le besoin de créer de nouvelles sculptures. Il se dit le gardien de son propre musée. »

Un épicentre de l’art moderne

Dans les années 1950, une nouvelle vague d’artistes s’installe impasse Ronsin, lui donnant des airs de plus en plus « bohèmes ». Au sein de cette constellation d’artistes émergents, Constantin Brancusi fait bientôt figure d’aîné dont la seule présence fait école.

 

En 1946, c’est le sculpteur sur pierre André del Debbio, professeur à l’Académie Julian, qui devient l’un des voisins de Brancusi. C’est grâce à lui qu’en 1950 un tout jeune François-Xavier Lalanne fait son entrée dans ce cercle. Il est alors peintre, et n’a pas encore rencontré sa compagne et complice artistique, Claude Lalanne, qui le rejoindra en 1952. Elle se souvient : « Il y avait un grand jardin avec des pommiers et des cerisiers, ainsi qu’une sorte de concierge âgée entourée de ses poules. […] Il y avait une pompe à eau où Jean Tinguely faisait sa toilette et où nous allions puiser de l’eau dans de vieilles casseroles pour l’apporter à l’atelier. C’était incroyablement rudimentaire, mais […] comme nous tous, j’adorais cet endroit qui n’avait sans doute pas vraiment changé depuis le début du siècle. »

 

Il y avait une pompe à eau où Jean Tinguely faisait sa toilette et où nous allions puiser de l’eau dans de vieilles casseroles pour l’apporter à l’atelier. C’était incroyablement rudimentaire, mais […] comme nous tous, j’adorais cet endroit qui n’avait sans doute pas vraiment changé depuis le début du siècle. 

Claude Lalanne

 

Claude Lalanne rapporte aussi que Max Ernst (présent en 1954-1955 avant de filer dans un atelier à Huismes, en Touraine, avec l’artiste Dorothea Tanning) n’était pas du tout apprécié de Brancusi, qui l’accusait de lui voler son énergie vitale. Une énergie qui s’envola définitivement le 19 mars 1957, lorsque le sculpteur de 81 ans fut retrouvé mort dans son lit.

 

Brancusi avait fait en sorte que la postérité de l’impasse soit préservée. Claude Lalanne : « Peu avant sa mort, il est venu nous dire : "Écoutez, mes enfants, ne vous inquiétez pas, vous pouvez tous rester aussi longtemps que vous le souhaitez ; j’ai fait don de toute mon œuvre à la ville de Paris et, en échange, les ateliers ne seront pas détruits. Tout le monde peut rester, vous n’aurez jamais à déménager ; je viens de signer un document qui vous garantit de pouvoir rester ici pour toujours." Puis il est mort, et nous avons dû partir sur-le-champ. »

 

 

En effet, alors que l’impasse Ronsin devient mythique, les premières menaces d’expulsion apparaissent et les démolitions commencent. Pourtant, sous l’impulsion des Nouveaux Réalistes, entre autres, l’impasse n’a jamais été aussi vivante et joyeuse que dans les années 1960. Les performances comme les fêtes se succèdent.

Sophie Duplaix, conservatrice en chef du patrimoine au Centre Pompidou et commissaire de l’exposition « Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten » raconte : « Niki de Saint Phalle, qui venait de se séparer d’Harry Mathews et lui avait confié ses enfants, s’installe impasse Ronsin vers la fin de l’année 1960, dans l’atelier de Jean Tinguely, celui qu’il partageait auparavant avec Eva Aeppli (depuis 1955, ndlr). L’atelier était en face de celui de Brancusi. Tinguely lui-même raconte que c’est Eva Aeppli qui avait jeté Niki de Saint Phalle dans les bras de Tinguely, dont elle voulait se séparer… Saint Phalle avait eu la chance de se faire prêter un atelier dans l’impasse pour quelques mois par le sculpteur américain Jim Metcalf. »

 

Très prolifique dans ces années-là, Jean Tinguely crée des reliefs cinétiques comme Méta-Malevitch et Méta-Kandinsky, ainsi que ses premières sculptures en fil de fer animées et motorisées.

 

Très prolifique dans ces années-là, Jean Tinguely crée des reliefs cinétiques comme Méta-Malevitch et Méta-Kandinsky, ainsi que ses premières sculptures en fil de fer animées et motorisées. Après un apéritif dans son atelier, le 13 mai 1960, il met en place une procession, « Le transport », qui achemine une série de sculptures mécaniques de l’impasse Ronsin à la galerie des Quatre-Saisons, rue de Grenelle. Tout sera filmé.

 

Le 27 octobre de la même année, Tinguely rencontre le critique d’art Pierre Restany dans l’appartement d’Yves Klein, en présence d’autres artistes ; il signe le « Manifeste du nouveau réalisme ». Quelques mois plus tard, Yves Klein mettra en scène son mariage avec Rotraut Uecker. Après la cérémonie à l’église Saint-Nicolas-des-Champs et un dîner à La Coupole, dans le quartier Montparnasse, la fête se poursuit dans l’atelier de Larry Rivers, impasse Ronsin, avec des chevaliers de l’ordre de Saint-Sébastien en guise de gardes d’honneur et sa fameuse Symphonie monoton-silence en fond sonore.

 

 

Quant à Pontus Hulten, qui deviendra le premier directeur du Musée national d’art moderne au Centre Pompidou à partir de 1973, il rend régulièrement visite à Jean Tinguely. Sophie Duplaix : « Fin 1960, lorsque Tinguely est sur le point de présenter Pontus Hulten à Niki de Saint Phalle, celle-ci se sent nerveuse à l’idée de rencontrer celui qui est déjà le directeur du Moderna Museet, à Stockholm. Quand elle lui serre la main, elle est immédiatement touchée par le personnage. Elle lui vouera dès lors une amitié sans faille. C’est lui qui va promouvoir, au-delà de Pierre Restany, ses Tirs, en l’invitant "officiellement" à en réaliser à chaque étape de la grande exposition sur le mouvement dans l’art qu’il présente en 1961 à Amsterdam, Stockholm, Humlebæk. »

Les tout premiers Tirs de Niki de Saint Phalle démarrent le 12 février 1961, dans le terrain vague derrière l’atelier de Tinguely. Deux autres séances auront lieu en présence du public, les 26 février 1961 et 21 janvier 1962.

 

Les tout premiers Tirs de Niki de Saint Phalle démarrent le 12 février 1961, dans le terrain vague derrière l’atelier de Tinguely. Deux autres séances auront lieu en présence du public, les 26 février 1961 et 21 janvier 1962.

 

Entre le 1er octobre 1961 et mars 1962, l’atelier de Brancusi est méticuleusement démonté puis entreposé au Musée national d’art moderne, puis au Palais de Tokyo, en attendant sa prochaine destination. Le sculpteur Henryk Berlewi lance une pétition rappelant les dernières volontés du sculpteur, en particulier celle de préserver l’emplacement initial de son atelier dans l’impasse. En vain. Pendant ce temps, les menaces d’expulsion dans l’impasse sont de plus en plus vives.

Comme pour conjurer le sort de cette impasse déclarée insalubre et vouée à la destruction, une artiste argentine âgée de 20 ans, Marta Minujín, amie de Jean Tinguely et de Niki de Saint Phalle, a prévu, le 6 juin 1963, une performance radicale consistant à organiser « La destruction » (« Destructive Intervention ») de toutes ses œuvres. Participent au happening l’artiste portugaise Lourdes Castro (qui trace des silhouettes sur les pièces textiles de Minujín), Paul-Armand Gette (qui les mutile à la hache) et Christo (qui les emballe). Mais rien n’y fait. Ni les happenings, ni les pétitions, ni les coups de fil haut placés. Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle quittent alors les lieux. Ils s’installent l’année suivante dans la vieille auberge du Cheval Blanc à Soisy-sur-École, dans l’Essonne.

 

En 2030, ce joyau de la collection nationale qu'est l'atelier de Bransusi réintégrera le Musée, dans un espace dédié. Comme une bulle spatio-temporelle pour voyager au cœur de ce lieu mythique, cœur battant de l’impasse Ronsin.

 

Seul le sculpteur sur pierre André Del Debbio résiste jusqu’au bout, avant d’être contraint, en septembre 1971, d’abandonner ce coin de paradis artistique aux bulldozers. « Le site est aujourd’hui devenu une sorte de "chambre mortuaire" pour l’hôpital Necker. Quelle horreur d’avoir détruit notre belle impasse pour y installer une morgue ! », conclut Claude Lalanne.

 

En 1956, Brancusi avait légué la totalité de son atelier (œuvres achevées, ébauches, meubles, outils, bibliothèque, discothèque, photographies…) à l’État français, sous réserve que celui-ci s’engage à le reconstituer tel qu’il se présentera à la mort de l’artiste. Après une première reconstitution partielle en 1962 à l’intérieur de la collection du Musée national d'art moderne, alors installé dans le Palais de Tokyo, sa réplique exacte est réalisée en 1977, face au Centre Pompidou. À la suite d’inondations, en 1990, celle-ci est fermée au public. En 1997, un bâtiment conçu par Renzo Piano est inauguré sur la Piazza.

 

En 2030, ce joyau de la collection nationale qu'est l'atelier de Bransusi réintégrera le Musée, dans un espace dédié. Comme une bulle spatio-temporelle pour voyager au cœur de ce lieu mythique, cœur battant de l’impasse Ronsin. ◼

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